Le montage de « En queue de poisson »

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Michel Dufour

La semaine dernière, je dévoilais le fruit de mon travail soit la photo « En queue de poisson ».  Le processus de cette photo s’est déroulé sur environ 3 semaines de travail dispersé ici et là.

La mise en place

Je possédais déjà un bocal à poisson (peut-être que c’est la source de mon inspiration) qui croupissait dans mon cabanon depuis quelques années. Il me fallait bien un poisson pour meubler cet aquarium! Mais avant tout, j’ai pensé que je devais probablement photographier le bocal sans qu’il y ait de poisson dedans. En réfléchissant au concept, je me disais que je devrais probablement faire comme des photos de coupes de vin: sur un fond noir, il n’y a que la lumière à tenir compte alors que sur un fond blanc, il faut noircir les rebords avec un carton. Dans ce cas-ci, j’ai utilisé qu’une seule source de lumière pour faire mes éclairages.

Comme je devais représenter le bocal à l’envers, je l’ai photographié de cette façon pour obtenir mon bocal vide avec un fond noir.

Comme on peut le voir sur les images, l’éclairage d’un objet transparent sur fond noir fait en sorte qu’il n’est pas tout illuminé. Remarquez que j’aurais pu installer plusieurs sources de lumières mais parfois, cela engendre d’autres problèmes de reflets indésirables.

L’étape suivant fut d’assembler ces images dans Photoshop. Puisque j’avais utilisé un trépied et déclencheur pour saisir mes images, il était facile de les monter dans le logiciel et ne conserver que les portions illuminées en relief (les contours). Il m’a suffit de masquer les deux dernières images et utiliser le pinceau pour révéler les côtés.

Le magasinage…

Il me fallait un poisson! Ma première démarche fut de rechercher dans les banques d’images. Je voulais trouver une photo de poisson dans un angle intéressant et qui ne comportait pas d’objets devant ou derrière pour minimiser les manipulations dans Photoshop… ben oui toi… Succès mitigé: je n’ai trouvé que deux photos acceptables mais tout de même, je restais sur ma faim pour la qualité et position.

Je me suis résigné à faire l’achat d’un poisson. J’ai arrêté mon choix sur un poisson rouge, une variété pas trop difficile à s’occuper, surtout dans un bocal.

La séance de pêche (aux images)!

Photographier un poisson dans un bocal n’est pas aussi simple que je le pensais… Côté éclairage, j’étais assez confiant de mon installation. J’ai opté encore une fois pour la simplicité: une seule source sur le dessus avec un softbox; à partir de ce moment, les photos allaient avoir le même montage de lumière pour rester cohérent dans l’ensemble final. J’ai installé le bocal rempli d’eau avec son locataire et j’ai placé une feuille d’aluminium en dessous pour avoir un retour d’éclairage pour le ventre.

Tel que je le disais, ce n’est pas simple! L’eau était oxygénée et des bulles d’air se sont installées sur les parois du bocal. J’ai pris un ustensile pour brasser le rebord et faire remonter celles-ci. Deuxième difficulté: le bocal ne possède pas une vitre bien rectiligne. Il y a beaucoup de distorsions et déformations à cause de la vitre combinée avec l’eau… De plus, le poisson était pas mal nerveux et très probablement énervé par les flash successifs de lumière. Compte-tenu que je photographiais en proximité, ma profondeur de champ était relativement étroite; le poisson rouge se retournait souvent vers la paroi du fond du bocal, devenant ainsi hors focus. J’ai du m’y prendre au moins une vingtaine de reprises pour enfin obtenir un sujet dans la zone de mise-au-point.

En variant le zoom de ma lentille, mes essais ont fini par porter fruit. La première image est celle que j’ai retenue pour le projet.

Anecdote: les membres de ma famille m’ont dit qu’il fallait bien lui trouver un nom à notre nouveau compagnon. Nous avons fait du brainstorming et en me rendant au comptoir, j’ai remarqué la bouteille de liquide à vaisselle; voilà, ça y est, nous avons un nom: Attitude, comme les produits naturelles de nettoyage de la compagnie « La bonne attitude« !

Le modèle!

Je n’ai pas eu trop de difficulté de ce côté: je m’étais proposé pour le projet et je me suis accepté 😉

J’ai conservé le même type de montage pour la lumière dans le but de rester cohérent dans l’éclairage. En effet, il est très important d’arrimer ces détails sinon l’image final risque de ne pas être crédible (même s’il est logiquement évident qu’il s’agit d’un montage). J’avais donc ma source principale au dessus de ma tête, un carton blanc comme réflecteur pour renvoyer un peu de lumière en dessous du visage et sur le corps. Après 2-3 photos, j’ai regardé le résultat pour me rendre compte que les yeux étaient trop sombres. J’ai ajouté une source secondaire, un autre flash cobra, que j’ai réglé à sa plus basse intensité. J’avais ainsi moins d’ombres sous les arcades sourcilières et un point de lumière dans les yeux. J’ai mouillé mes cheveux et suis revenu à la caméra avec une serviette pour éponger l’eau qui dégoutait.

En restant le plus droit possible, j’ai utilisé un déclencheur radiocommandé et j’ai fait mes photos. Environ 5 photos ont été prises avec la même expression mais les yeux dans différentes positions. Celle-ci, avec les yeux croches, m’a interpelée plus que les autres. J’ai tout de même conservée les deux expressions les plus intéressantes et fait le montage en conséquence dans Photoshop pour faire mon choix final ensuite. Je n’avais qu’à activer ou désactiver une couche pour voir le résultat.

Le montage final dans Photoshop

Cette portion de travail m’a demandé quelque jours/soirée pour la compléter. J’ai intégré les images en couches (layers) et j’ai commencé l’assemblage à l’aide de masques pour révéler ou effacer des portions d’images. J’ai d’abord effacé une partie vitrée de l’aquarium pour n’avoir que le poisson. J’avais pensé conserver l’eau mais le rendu final n’était pas intéressant.

J’ai ajouté le bocal inversé pour qu’il apparaisse sur ma tête; j’ai ajusté les dimensions en agrandissant. J’ai ensuite fait disparaître la portion du rebord qui passe derrière le cou. Ensuite, j’ai copié une partie du visage pour pouvoir l’agrandir et donner l’effet de diffraction par l’eau. Puis, j’ai ajouté un effet de reflet sous-marin de la lumière principale qui arrivait par le dessus et qui passait à travers les vaguelettes. J’ai copié la goutte d’eau sur le front pour la reproduire à quelques endroits. J’ai ajouté un effet d’eau ruisselant sur le front. Pour les cheveux/sourcils, je devais effectuer un rendu mouillé sous l’eau; j’ai utilisé une brosse-cheveux que j’ai téléchargé d’Internet (il y en a une grande variété gratuite avec une recherche Google!).

Côté réalisme, j’ai figuré que s’il y avait un bocal sur ma tête, je devais avoir une ombre qui devrait se reporter sur moi et mon chandail. J’ai donc copié le bocal vide que j’ai inversé et déformé puis conservé une portion ombré en diminuant la transparence. Je trouvais qu’il manquait également un reflet de peau dans l’anneau du bas sur le cour. J’ai copié une partie du menton que j’ai étalée sur le rebord en semi-transparence. Ensuite, il y avait le poisson: puisque sa queue superposait mon oreille, je devais la mettre en semi-transparence comme elle l’est au naturel.

Finalement, il y avait l’eau! Comme je le disais plus haut dans ce texte, celle de la photo n’avait pas un rendu intéressant. Après quelques recherches, j’ai trouvé une façon de faire une similaire à une surface d’eau; il y avait encore la portion réalisme ou l’eau devait suivre l’angle incliné du bocal (vers l’avant et sur le côté gauche). Un effet de nuage fut utilisé ainsi qu’un filtre chrome pour obtenir la surface d’eau. Je l’ai redimensionné et ensuite fait disparaître le contour pour qu’il s’apparente à ma tête (en utilisant un masque).

Au final, l’image pesait environ 550mo en incluant toutes les couches! Pas évident à travailler lorsqu’un ordinateur manque de performances! Heureusement, le mien peut supporter cette grosseur et j’ai pu effectuer le travail sans problèmes.

Voilà, quelques jours de travail et de réflexion m’ont apporté une joie de concrétiser ce projet d’image humoristique. Reste à voir quelles autres idées farfelues se présenteront.

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